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Avant même l'ouverture du procès, la cause semble entendue : Maurice Papon, secrétaire général de la préfecture de la Gironde sous l'Occupation, est coupable. Mais, au fil des audiences, il devient bientôt clair que l'instruction, en quatorze ans, a été pour le moins mal faite ; que l'Histoire, celle des historiens cités à comparaître, est plus nuancée dans ses analyses des chaînes de responsabilité administrative ; que les témoignages des grands acteurs témoins de la Résistance divergent sensiblement d'un tableau en noir et blanc ; que la Mémoire des enfants et parents des victimes déportées doit se contenter d'obtenir réparation d'un fonctionnaire de rang moyen, alors que ses supérieurs hiérarchiques, jamais inquiétés, sont morts en toute quiétude au cours de l'instruction ; que nombre de parties civiles ont cru ne faire qu'une bouchée d'un accusé prompt à se défendre, vif à confondre de pseudo-témoins à charge, à nier ses responsabilités historiquement avérées mais judiciairement difficiles à établir cinquante-cinq ans après. Au terme d'un procès-fleuve, une peine de dix ans est prononcée qui ne satisfait ni le Droit, ni l'Histoire, ni la Mémoire. La Cour d'assises innocente Maurice Papon des faits de complicité d'assassinat retenus contre lui par l'instruction et l'arrêté de renvoi ; elle juge l'accusé coupable de complicité d'arrestation et de séquestration, ce qui est peu s'il s'est agi de juger Vichy et son administration ; elle introduit en France la gradation des peines en matière de crime contre l'humanité ; elle esquive, enfin, le grand débat juridique visant à définir ce crime suprême soit comme un crime de droit commun à évaluer selon les intentions présidant à chaque acte, soit comme un " crime de bureau ", s'insérant dans un processus génocidaire plus vaste, où la responsabilité se mesure à l'aune non plus seulement de l'acte de l'individu mais du rôle qu'il assume dans une chaîne criminelle de responsabilité. Le délitement du procès Papon, au fil des audiences, Eric Conan, l'un des rares journalistes à avoir assisté à toutes les audiences, nous le donne à lire dans ce Journal. Il note les propos de chacun, restitue l'atmosphère, tendue, pathétique ou cocasse, livre les moments et les discours clés. Le lecteur de ce document de référence découvre bientôt comment un procès, longtemps jugé improbable, se révéla progressivement un procès impossible.
Premier jour, 8 octobre 1997 : demande de mise en liberté et tirage eau sort des dix-huit jurés
Deuxième jour, 9 octobre : appel des témoins et demande de nullité de la procédure présentée par la défense
Troisième jour, 10 octobre : lecture de l'arrêt de la Cour ordonnant la mise en liberté de l'accusé
Quatrième jour, 13 octobre : suite de l'appel des témoins et lecture de l'arrêt de renvoi de la chambre d'accusation de Bordeaux
Cinquième jour, 14 octobre : suite de la lecture de l'arrêt de renvoi et déposition de l'expert psychiatre Serge Brion sur la santé mentale de l'accusé
Sixième jour, 15 octobre : rejet de la demande de nullité de la procédure et début du curriculum vitae de l'accusé, avec l'évocation des " ratonnades " du 17 octobre 1961
Septième jour, 16 octobre : témoignages de Jean-Luc Einaudi et de Pierre Messmer
Huitième jour, 17 octobre : témoignages de Raymond Barre et d'Olivier Guichard
Neuvième jour, 20 octobre : quatre " témoins de moralité"
Dixième jour, 21 octobre : témoignage de Claude Bouchinet-Serreulles
Onzième jour, 22 octobre : lettre de Valéry Giscard d'Estaing au président : témoignages de la veuve de Jean Chapel et de Maurice Druon
Douzième jour, 23 octobre : suspension du procès : l'accusé est hospitalisé
Treizième jour, 27 octobre : audience formelle en l'absence de l'accusé
Quatorzième jour, 29 octobre : audience formelle en l'absence de l'accusé
Quinzième jour, 31 octobre : témoignage de Robert Paxton et d'Henri Amouroux
Seizième jour, 3 novembre : témoignage de Jean-Pierre Azéma
Dix-septième jour, 4 novembre : interrogatoire de l'accusé sur sa carrière administrative à Vichy, sous les ordres de Maurice Sabatier, de novembre 1940 à mai 1942 ; témoignages de Philippe Burin, de René Rémond et de Jean Lacouture
Dix-huitième jour, 5 novembre : témoignage de Marc-Olivier Baruch Dix-neuvième jour, 6 novembre : suite de l'interrogatoire sur l'organisation des services de la préfecture de Bordeaux ; témoignages d'André Castanet et d'André Briaud
Vingtième jour, 7 novembre : témoignage de Bernard Bergerot et de Bernard Vaugon
Vingt et unième jour, 12 novembre : poursuite de l'interrogatoire sur la préfecture de Bordeaux
Vingt-deuxième jour, 13 novembre : poursuite de l'interrogatoire sur la préfecture de Bordeaux
Vingt-troisième jour, 14 novembre : interrogatoire de l'accusé sur le Service des questions juives
Vingt-quatrième jour, 17 novembre : audience formelle en l'absence de l'accusé, hospitalisé
Vingt-cinquième jour, 27 novembre : audience formelle en l'absence de l'accusé
Vingt-sixième jour, 4 décembre : suite de l'interrogatoire sur le Service des questions juives ; témoignage de Christiane Hippolite
Vingt-septième jour : 5 décembre : poursuite de l'interrogatoire sur le Service des questions juives
Vingt-huitième jour, 8 décembre : dernière journée d'audience sur le Service des questions juives
Vingt-neuvième jour, 9 décembre : interrogatoire de l'accusé sur le cas Léon Librach
Trentième jour, 10 décembre : témoignage d'Hersz Librach ; suite de l'interrogatoire sur le cas Léon Librach
Trente et unième jour, 11 décembre : interrogatoire de l'accusé sur la rafle du 16 juillet 1942 et sur le convoi du 18 juillet 1942
Trente-deuxième jour, 12 décembre : suite de l'interrogatoire de l'accusé sur la rafle du 16 juillet 1942 et sur le convoi du 18 juillet 1942
Trente-troisième jour, 15 décembre : poursuite de l'interrogatoire de l'accusé sur la rafle du 16 juillet 1942 et sure le convoi du 18 juillet 1942 ; témoignage de Georges Gheldman
Trente-quatrième jour, 16 décembre : poursuite de l'interrogatoire de l'accusé sur la rafle du 16 juillet 1942 et sur le convoi du 18 juillet 1942
Trente-cinquième jour, 17 décembre : témoignages d'Eliane Alisvaks-Dommange et de Jackie Alisvaks
Trente-sixième jour, 18 décembre : témoignages de Maurice et de Jean-Marie Matisson ; poursuite de l'interrogatoire de l'accusé sur la rafle du 16 juillet 1942 et sur le convoi du 18 juillet 1942
Trente-septième jour, 19 décembre : témoignage d'Esther Fogiel
Trente-huitième jour, 22 décembre : interrogatoire de l'accusé sur le convoi du 26 août 1942
Trente-neuvième jour, 23 décembre : suite de l'interrogatoire de l'accusé sur le convoi du 26 août 1942 ; suspension du procès pour raison de santé de l'accusé
Quarantième jour, 5 janvier 1998 : interrogatoire du procureur général sur le convoi du 26 août 1942
Quarante et unième jour, 6 janvier : interrogatoire des parties civiles sur le convoi du 26 août 1942 ; témoignage de Léon Zygel
Quarante-deuxième jour, 7 janvier : projection des témoignages d'André Frossard et d'Yves Jouffa enregistrés lors du procès Barbie
Quarante-troisième jour, 8 janvier : poursuite de l'interrogatoire sur le convoi du 26 août 1942 ; témoignages de Thérèse Stopnicky et de René Jacob
Quarante-quatrième jour, 9 janvier : témoignage de marguerite Bonnecaze ; interrogatoire de l'accusé sur le convoi du 21 septembre 1942
Quarante-cinquième jour, 12 janvier : interrogatoire de l'avocat général sur le convoi du 21 septembre 1942 ; le cas Jean-Pierre Ingrand ; témoignage d'Yvette Silva
Quarante-sixième jour, 13 janvier : suite de l'interrogatoire sur le convoi du 21 septembre 1942
Quarante-septième jour, 14 janvier : interrogatoire de l'accusé sur la rafle du 19 octobre 1942 et sur le convoi du 26 octobre 1942
Quarante-huitième jour, 15 janvier : suite de l'interrogatoire de l'accusé sur la rafle du 19 octobre 1942 et sur le convoi du 26 octobre 1942 ; témoignage de René Panaras
Quarante-neuvième jour, 16 janvier : témoignage d'André Gonzales et suspension d'audience pour incident
Cinquantième jour, 19 janvier : témoignage de Michel Bergès
Cinquante et unième jour, 20 janvier : suite du témoignage de Michel Bergès
Cinquante-deuxième jour, 21 janvier : déposition de Michel Slitinsky
Cinquante-troisième jour, 23 janvier : suite de la déposition de Michel Slitinsky
Cinquante-quatrième jour, 23 janvier : interrogatoire de l'accusé sur le convoi du 25 novembre 1943
Cinquante-cinquième jour, 26 janvier : suite de l'interrogatoire de l'accusé sur le convoi du 25 novembre 1943
Cinquante-sixième jour, 27 janvier : poursuite de l'interrogatoire de l'accusé sur le convoi du 25 novembre 1943 ; témoignage de Samuel et Moïse Schinazi
Cinquante-septième jour, 28 janvier ; interrogatoire de l'accusé sur le convoi du 30 décembre 1943 et début de " l'affaire Castagnède "
Cinquante-huitième jour, 29 janvier : suite de l'interrogatoire sur le convoi du 30 décembre 1943
Cinquante-neuvième jour, 2 février : témoignages de Michel Cohen et de Marie-Madeleine Pinhas
Soixantième jour, 3 février : témoignage du grand rabbin Sitruk
Soixante et unième jour, 4 février : interrogatoire de l'accusé sur la rafle du 10 janvier 1944 et sur le convoi du 12 janvier 1944
Soixante-deuxième jour, 5 février : suite de l'interrogatoire sur la rafle du 10 janvier 1944 et sur le convoi du 12 janvier 1944
Soixante-troisième jour, 6 février : témoignages de Berthe Murat, de René Tauzin, de Robert Lacoste et de Pierre Léon Saufrignon
Soixante-quatrième jour, 9 février : poursuite de l'interrogatoire sur la rafle du 10 janvier 1944 et sur le convoi du 12 janvier 1944
Soixante-cinquième jour, 10 février : poursuite de l'interrogatoire sur la rafle du 10 janvier 1944 et sur le convoi du 12 janvier 1944 ; témoignages de Marie Mouyal, de Solagne Torrés et de René Jacob
Soixante-sixième jour, 11 février : interrogatoire de l'accusé sur le convoi du 13 mai 1944
Soixante-septième jour, 12 février : témoignages de Pierre Duran et d'André Balbin
Soixante-huitième jour, 16 février : suite de l'interrogatoire sur le convoi du 13 mai 1944 ; témoignages de Juliette Benzine, de Claude Léon et de Madeleine Gorge
Soixante-neuvième jour, 17 février : le " rapport des experts " ; la question des radiations ; témoignages de Jacques Delarue et d'André Gouron
Soixante-dixième jour, 18 février : interrogatoire de l'accusé sur ses services rendus à la résistance
Soixante et onzième jour, 19 février : témoignages d'Elise Milhat, d'Alain Perpezat, de Maurice Travers, de Christian Souillac et de Christian Campet
Soixante-douzième jour, 23 février : témoignages de Fabienne Feuillerat et de Marie-Christine Jeanniot, de Michel Chassaing et d'Aimé Aubert
Soixante-troisième jour, 24 février : témoignages d'Hubert de Beaufort, de Léon Boutbien, de Roger Lhombreaud et de Liliane Schroeder
Soixante-quatorzième jour, 25 février : témoignages de Francis Tesseron, de Robert de la Rochefoucault, de Jean Matéoli et de Jean Jaudel ; lecture de la déposition de 1988 et de 1998 de Roger-Samuel Bloch et de la déposition de 1988 de Gaston Cusin
Soixante-quinzième jour, 26 février : interrogatoire de l'accusé sur sa carrière administrative après la libération et l'épuration à Bordeaux
Soixante-seizième jour, 27 février : témoignages de Maurice Claux et d'Yvette Chassagne
Soixante-dix-septième jour, 2 mars : témoignages de Pierre Somveille et de Jean Morin
Soixante-dix-huitième jour, 3 mars : témoignages de Samuel Pisar et de Jacques Maillet
Soixante-dix-neuvième jour, 4 mars : témoignages de Robert Abdesselam et de Jean-Pierre-Bloch
Quatre-vingtième jour, 5 mars : journée des associations parties civiles Du 9 au 16 mars 1998 : plaidoiries des parties civiles
Quatre-vingt-septième jour, 18 mars : réquisitoire de l'avocat général Marc Robert
Quatre-vingt-huitième jour, 19 mars : réquisitoire du procureur général Henri Desclaux Du 23 mars au 1er avril 1998 : plaidoiries de la défense
Quatre-vingt-quinzième jour, 2 avril 1988 : arrêt de la cour d'assises